Pauvre de toi si tu es une hôtesse


30 Mar. 2016

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Amy est une jeune étudiante en deuxième de BTS (Brevet de Technicien Supérieur).  Depuis  deux ans, elle  monnaie sa beauté  dans une agence d’hôtesse et de mannequinat.

« On m’a toujours dit que j’ai une belle silhouette pour être miss », explique-t-elle. Loin d’être une fée, Amy a de vrais atouts physiques et corporels qui fascinent ses admirateurs. Cependant Amy n’a jamais voulu se présenter à un quelque concours de beauté.

« Pour joindre les deux bouts et trouver de quoi subvenir à mes besoins, je passe mes heures perdues à jouer les décoratrices humaines dans les grands événements en intégrant un service d’accueil communément appelé ici hôtesse », confie la jeune dame.

C’est quoi être hôtesse ?

Etre hôtesse, explique Amy, c’est passer de longues heures – arrêtée – dans un coin d’une salle ou près d’un pupitre offrant parfois un sourire jaune à tous ceux qui vous regardent ou vous sollicitent pour un renseignement. L’hôtesse est un décor humain qui sert également à embellir un espace aménagé pour un évènement.

Combien gagne t-on quand on est hôtesse ?

La moyenne est de 10 000 francs Cfa, voire 15 000 francs Cfa par jour si votre employeur est gentil. Sinon, tu peux te retrouver avec 5000 francs Cfa ou 7500 francs Cfa pour un événement dont tu connais l’heure de début, mais pas celle de la fin, livre Amy.

En plus d’être mal payées, nous sommes victimes d’exploitation. Le plus écœurant c’est de ne pas recevoir les pourboires que les clients nous offrent parfois. Vous venez d’entendre tout à l’heure dans le micro que le président offre 500 000 francs Cfa aux hôtesses ? Appelez-moi demain et je vous dirai ce qu’on a reçu sur cette somme. Des confidences faites par Amy que j’ai rencontrée à une cérémonie présidée par le président de la République.

Les hôtesses sont-elles des prostituées de luxe ?

Nous ne sommes pas des prostituées de luxe, souligne la jeune dame. Notre présence sert à embellir tous les évènements pour lesquels nous sommes sollicitées. Il est certes vrai que nous sommes énormément courtisées par beaucoup d’hommes mais comme j’ai l’habitude de le dire, chacun est libre de faire de son corps ce qu’il veut. Avec les modiques primes que les agences d’accueil nous reversent comment certaines d’entre nous en plus de monnayer leur beauté ne vont pas également vendre aussi leur corps ?

A entendre Amy lancer son cri de cœur, on comprend aisément que le métier n’est pas facile. Mais il faut s’accrocher en espérant voir un jour les rémunérations poussées à la hausse.

« Nos payons nos filles en fonction de ce que nous recevons de nos clients. Notre volonté n’est aucunement d’exploiter ces jeunes belles demoiselles qui travaillent hardiment pour nous ». Des explications d’une responsable d’agence d’accueil que conteste Amy.

« Si tel est le cas,  pourquoi nos primes ne dépassent jamais les 15 000 francs quand nos employeurs signent des contrats alléchants avec des clients qui paient bien ? », tonne-t-elle.  Et de conclure : « en regardant tout ça, je me rends compte que nous sommes traitées comme les vigiles mal rémunérés postés aux pieds des immeubles ».

 

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