Abidjan: des communes sans pôles d’attractions touristiques ?


11 Avr. 2013

la lagune Ebrié séparant la commune du plateau à cette de Cocody
La commune du plateau vue d'un balcon d'une chambre de l'Hôtel Ivoire (Cocody)

Adjamé, boulevard Nangui Abrogoua un tas d’immondices jonche la rue. Tout près de là, une jeune dame, vendeuse de légumes étale ses produits. Des passants un peu contrariés essaient de se frayer un chemin entre ses ordures.

D’ici peu de temps, il sera difficile de circuler dans la zone. Car quelques chauffeurs de taxis compteurs, avec leurs mauvaises conduites viendront imposer leur désordres habituels. Le décor est ainsi planté pour  une ambiance quotidienne qui prévaut du côté du forum des marchés  et dans presque tous les endroits de la commune d’Adjamé.

On peut  se demander alors si un touriste voudra  t –il bien traverser ce gros village Ebrié dans ce décor ?

Une réponse négative peut traduire que cette commune ne présente pas d’attractions touristiques ou d’infrastructures  pouvant fasciner d’éventuels visiteurs. Tout comme Adjamé, certaines communes du district d’Abidjan sont  déconseillées aux visiteurs étrangers. C’est vrai que pour des raisons sécuritaires cela peut être concédé, cependant d’autres peuvent en  exister.

Pourquoi un touriste devrait t-ils séjourner à Cocody, au Llateau, à  Marcory-Zone 4 et non pas à Abobo, à Attécoubé  ou même à Yopougon?

Si la recherche perpétuelle de sensations et de nouvelles découvertes sont des mobiles qui influencent le touriste dans le choix de sa destination, le désordre et le visage piteux présenté par certaines localités ne sont-ils pas des motifs pour attirer des touristes ? Bref. De ce fait  faudrait-il donc admettre qu’un touriste puisse  acheter son billet d’avion  pour aller découvrir la ville la plus insalubre du monde ?

Les spéculations vont de bon train mais pour l’heure voici quelques communes à Abidjan qui ont de la peine à séduire des visiteurs étrangers

La commune d’Abobo

Abobo, les infrastructures hôtelières abondent. Mais elles sont  exclusivement destinées aux clients friands de  chambres de passe. Ces  hôtels « Ampoules rouges » ne disposent pas de commodités aux normes internationales pour satisfaire une clientèle sérieuse. C’est pourquoi, un touriste à Abobo ne va se contenter que d’une simple visite du zoo d’Abobo et de la découverte  de la forêt du banco véritable attraction qui fait l’objet de curiosité. Très méconnu par la population ivoirienne  ce vaste espace protégé est pourtant un potentiel pour le développement de l’écotourisme.

La commune de Yopougon

Yopougon avec sa célèbre « rue princesse » rasée et  à la grande satisfaction des autorités, vient de perdre sa fibre touristique. En tout cas au delà de l’image que chacun garde de la commune , sa fameuse rue a durablement été l’un des plus prestigieux pôles d’attraction  de la commune  la plus vaste d’Abidjan. Ils sont nombreux à avoir pleuré la mort de ladite rue mais les pleurs n’ont  rien pu faire face  à la hargne des bulldozers coptés pour la détruire. Que reste-t-il de « Yop » la cité de la joie. Car même le » Bada bar » (bar dans lequel on ne distille que la musique originaire du centre-ouest du pays) a volé en éclat.

Avec l’île Boulay  Yopougon peut se réjouir d’être une destination touristique. Du cimetière des bateaux en passant par la baie des milliardaires, l’ile aux serpents, le village Ossibissa et surtout avec cette façade lagunaire qui longe la commune depuis Abobodoumé jusqu’à proximité de la commune de Jacqueville. « Yop » est à promouvoir.

Attécoubé,Williasme, Treichville et les autres communes

Que diront-nous d’Attécoubé, de Williamville sans oublier la commune de Treichville, de Koumassi ? Il ya t-il de quoi à découvrir  dans ces communes ? Faites un tour et vous vous rendriez compte  que ces cités ont du potentiel pour un développement  d’activités touristique mais pas valorisées. Ces communes, vous ne les trouverez jamais citées dans une brochure qui fait la promotion de la destination Côte d’Ivoire.

Cocody, Plateau, Marcory les communes qui attirent les touristes

Cocody, Plateau (le centre des ses affaires avec ses impressionnants immeubles) et  Marcory  (commune où la plupart des expatriés résident) se partagent quasiment toutes les dividendes  liées aux différentes recettes obtenues par les différentes activités touristiques. Cela est certainement dû en partie  aux infrastructures qu’elles disposent (Hotels, restaurants avec specialités internationales, salles équipées, surpers et hypers marchés ect..) et peut être d’une volonté politique de doter ces communes d’infrastructures touristiques.

D’aucun diront que le niveau de vie des habitants de ces communes (disposant de plusieurs quartiers résidentiels de grands hôtels, centres commerciaux, musées ect..) influence considérablement le développement des activités touristiques.

A-t-on besoin d’être riche pour rendre sa citée propre et reluisante? Adjamé ce grand centre d’activités commerciales n’a t-il pas les moyens de gérer ses ordures developper des espaces verts pour le bien être de ses habitants?  A quoi servent toutes les taxes communales perçues par les instances dirigeantes ?

Assez  d’interrogations posées qui sans doute trouvent  leur réponse avec une prise de conscience  des  acteurs du développement des collectivités locales. S’ils ont des projets pour développement du tourisme de leurs différentes localités, Abobo , Attecoubé Williasmville et les tous autres commun   pourront  certainement rêver de voir désormais des touristes visiter leur cité.

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